État d’âme J+10

Bonjour à tout le monde,

Comme promis, voici le compte-rendu de mon marathon .

C’est avec cet article que prend fin mon action Courir en Cœur. Je souhaite remercier toutes les personnes qui m’ont soutenues et qui ont fait un don ainsi que la Fondation Suisse de Cardiologie pour leur précieuse collaboration.

A bientôt.

Fanny


Voilà. 10 jours après le marathon, la médaille trône fièrement (ou pas ) sur mon porte-médaille-doudou-de-jeunesse-super-chou, à côté de celle du semi-marathon de Bâle (2015). Vous aurez donc deviné que je suis arrivée au bout des 42.195 km.
Mais rien n’a été facile…

 

Km 1. L’euphorie.
Après des semaines de préparations, des heures d’entraînements, des tas d’assiettes de pâtes, etc., c’est ENFIN le départ. Je suis impatiente et super motivée. Malgré le froid, l’humidité, le vent, je me sens bien. Mon amie et moi nous tapons dans les mains et c’est parti!

 

Km 3-4. Trouver son rythme.
Dans les premières km, il y a encore beaucoup de monde avec nous. Il est difficile de trouver son rythme car il faut zigzaguer, ralentir, accélérer. Je fais attention à ne pas perdre trop d’énergie avec ça et me met sur le côté afin d’être plus tranquille. Je trouve gentiment mon rythme de croisière, la FC est bien (moins de 80%). Tout va bien. Nous avons quitté le parc olympique pour nous retrouver dans les rues de Munich.

 

Km 8-15. Le Jardin anglais.
Ca fait quelques minutes que je ne vois plus mon amie, je pense qu’elle a décidé de suivre le meneur d’allure 4h15 et je lui souhaite (mentalement) d’y parvenir! Pour ma part, je garde mon rythme, entre 9 et 9.7 km/h, je sais que je suis devant le meneur de 4h30 et au niveau du cardio tout va bien. Le parcours fait un aller-retour dans le Jardin anglais, un très très très grand parc proche du centre ville de Munich. C’est très agréable de courir ici, néanmoins, dès les km 13-14, je sens les premières douleurs dans les jambes. Sur le moment, je n’y prête pas du tout attention, j’ai l’impression que rien ne pourra m’arrêter et je suis confiante (l’euphorie ou déjà un manque de lucidité?).

 

Km 21-25. La moitié.
Déjà la moitié de faite! Et dans les temps en plus (2h15 pour un objectif de 4h15 à 4h30)! Au niveau du souffle, je suis toujours bien (environ 85% de FC), là où ça se complique, c’est au niveau des jambes. J’ai l’impression d’avoir du béton à la place des quadriceps, mais, encore une fois, je ne m’alarme pas, je pense pouvoir tenir jusqu’à la fin (pourtant, après coup, je me rends bien compte que je n’avais jamais vécu ça et que ça devait être un sacré “jour sans” pour que je ressente ça après 21 km seulement. J’avais déjà couru des semi-marathons et jamais je n’avais eu les gambettes dans cet état). Quoi qu’il en soit, je me “cache” derrière deux messieurs costauds qui me protègent du vent et je continue au même rythme.

 

Km 30-32. Le centre-ville.
Après de nombreux km dans les rues de la “périphérie” de Munich, dès le km 30, le parcours serpente au centre-ville et notamment sur la Marienplatz où se trouve l’Hôtel de ville. Au niveau cardio, toujours rien à signaler, tout se passe bien, je suis dans mes objectifs de FC, je me permets donc d’accélérer très légèrement pour atteindre les 90%. Les jambes font toujours mal, mais elles tiennent depuis plus de 10 km dans cet état donc je suis persuadée que ça va le faire pour cette fin de course. Je tiens le rythme et passe la marque du 32ème km en 3h26 (toujours dans mes temps, yes!), allez, plus que 10 kils!

 

Km 33-36. La fin des haricots.
Mon idée est de faire les 10 dernières km à une FC de 90-92% (voir plus pour les 1-2 tout dernier kil). Tout est sous contrôle donc puisque je suis toujours à 90%. Je continue ma progression et soudain… “Salut!” – “Salut…” – “Moi c’est le mur, enchanté!” – “…” Plus moyen de mettre une patte devant l’autre à une vitesse décente, je ne comprends pas ce qui se passe. En l’espace de quelques centaines de mètres, c’est comme si mon corps me disait “STOP! Arrête tes c…. maintenant, je ne veux plus courir!”. J’essaie tant bien que mal de continuer à trotter, mais je suis passée de plus de 9 km/h à environ 6 km/h et je ne suis absolument plus capable d’accélérer. Je croise la 3ème amie qui a fait le voyage avec nous (elle ne court pas) qui m’encourage, mais rien n’y fait… Les pieds, les mollets, les cuisses, tous mes muscles hurlent de douleur. J’en aurais pleuré. Je m’arrête dans l’espoir d’étirer un peu mes quadriceps, mais ne parvient même pas à prendre mon pied dans ma main, peine perdue! Je marche quelques mètres et me rends compte que j’ai encore plus mal en marchant qu’en courant. Je me remets donc à “couroter” allure et style grand-mère.

 

Km 36-42. S’accrocher et finir.
Comme abandonner n’est pas une option (je suis une tête de lard et en plus je dois le faire pour toutes les personnes qui m’ont soutenues et qui ont fait un don), je continue mon calvaire au petit trot. Les km passent infiniment lentement et mon espoir de passer sous la barre des 4h30 s’est envolé. Je prie plutôt pour finir en moins de 5h. Tout un tas de personnes me dépassent (même un homme qui a court à pieds nus!), mais, par contre, j’apprécie le support des nombreux spectateurs qui m’applaudissent et m’encouragent (bon, à ce moment-là, je ne comprends plus un mot d’allemand, mais ça fait chaud au cœur quand même 😉). J’aperçois enfin le stade olympique où m’attend la ligne d’arrivée, j’y arrive. Je pensais être fière et heureuse d’arriver dans ce stade mythique, mais je dois dire que je ne suis même pas sûre de me rappeler mon prénom à ce moment-là. Je donne tout ce qui me reste pour ces derniers 300-400 mètres, moi qui pense atteindre ma vitesse max, je m’aperçois que je suis à peine à plus de 9 km/h, la déception du siècle! Je vois sur ma montre que je peux arriver en moins de 4h50 et ça me permet de tenir.

 

Km 42.195. Ca, c’est fait.
Comme je le disais au début (mais dans un autre contexte): ENFIN! C’est fait, je suis marathonienne! Une marathonienne qui s’est prise le mur, mais une marathonienne quand même! Sur le moment, je ne suis même pas vraiment contente, trop déçue et frustrée par cette défaillance et de ne pas avoir réussi à atteindre mon objectif de chrono. Mais, au moment d’écrire ces lignes, je réalise qu’arriver au bout d’un marathon est déjà une performance en soi et suis fière de m’être accrochée et d’être allée au bout.

 

Mes temps de passage:
5 km: 31:43 | 6.8 km: 43:20 | 10 km: 1h03 | 20 km: 2h08 | Semi: 2h15 | 30 km: 3h13 | 32 km: 3h26 | 37.2 km: 4h06 | Marathon: 4h49

 

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